Le paiement mobile est défini comme un type de paiement par lequel le payeur utilise les techniques de communication mobile combinées avec des dispositifs mobiles, pour initier, autoriser ou valider un paiement. (Pousttchi, 2008).

Définition

En d’autres termes, il se réfère à toute transaction de paiement, c’est-à-dire le transfert de fonds en échange d’un bien ou d’un service, qui est à la fois initié et confirmé avec un dispositif mobile. Que ce soit en magasin ou en ligne, la transaction de paiement,est exécutée sur un téléphone mobile.

Le paiement mobile est différent de l’utilisation d’appareils mobiles pour simplement commander en ligne tout en payant par un autre moyen (carte de crédit par exemple).

On confond également souvent paiement mobile et banque mobile ou portefeuille mobile. Cela nécessite une définition claire de ces notions.

Banque mobile

Une banque mobile désigne une structure qui propose des services bancaires principalement accessibles et pilotables via une application smartphone.

Les banques mobiles permettent aux consommateurs d’accéder à toutes les fonctionnalités bancaires classiques : accès au solde du compte, paiements de facture et virements, les prélèvements automatiques, les prêts, etc., via un appareil mobile tel qu’un smartphone ou une tablette.

Portefeuille mobile (mobile wallet)

Les Mobile Wallet ou portefeuilles mobiles permettent aux consommateurs de stocker plusieurs comptes de paiement (cartes de crédit, programmes de fidélisation, points de fidélité, coupons et informations bancaires) sur leurs téléphones dans des «portefeuilles» virtuels, créant un point d’accès unique pour tous les achats. Les paiements sont généralement effectués avec un terminal d’encaissement compatible NFC pour les achats effectués en magasin. Pour les achats en ligne, les Mobile Wallet permettent le paiement en un seul clic.

Apple Wallet est l’exemple le plus populaire. Le Mobile Wallet agit simplement comme un portefeuille pour stocker toutes vos cartes. Ils n’éliminent pas le besoin d’utiliser des cartes.

Technologies utilises en paiement mobile

NFC

De l’anglais Near Field Communication, NFC est une technologies à courte portée et à haute fréquence qui permet l’échange d’informations entre les appareils activés à une distance maximale de 10 centimètres. NFC est principalement utilisé pour faciliter les paiements mobiles lors des encaissements physiques, où un téléphone portable contenant une puce NFC transmet des données à un terminal de point de vente compatible NFC. Ainsi, plutôt que de glisser sa carte pour effectuer un paiement, l’utilisateur approche son téléphone ou sa montre connectée compatible NFC, du terminal de paiement, et la transaction s’effectue en une seconde. NFC peut également être utilisé pour faciliter les paiements de personne à personne (P2P), où l’information est échangée entre deux téléphones mobiles.

La courte portée fait qu’il est presque impossible que la mauvaise personne soit facturée ou que la transaction soit détournée par un tiers. C’est la technologie utilisée sur les cartes à puce sans contact de Visa et Mastercard. Ainsi, que dans de nombreux systèmes de cartes à puce, comme le pass Navigo utilisée pour payer et accéder aux services de transport des métro parisiens par exemple.

RFID

L’identification par radiofréquence, le plus souvent désignée par le sigle RFID (de l’anglais radio frequency identification), est similaire à la NFC en ce sens qu’elle utilise les ondes radio pour communiquer des informations sur les transactions, mais elle permet l’échange de données sur de plus longues distances (jusqu’à plusieurs mètres). Comme dans le cas de la technologie NFC, elle exige qu’une puce RFID (ou une étiquette) soit intégrée au téléphone de l’utilisateur et puisse être utilisée à la fois pour les paiements effectués en caisse et les transactions de pair à pair. Le champs de fonctionnement plus long de la RFID la rend plus vulnérable aux lectures non autorisées d’informations de compte personnelles que NFC. RFID est donc plus utilisé dans la production, la logistique, le suivi, la gestion d’actifs, et NFC dans le contrôle d’accès, le transport public, le paiement mobile et d’autres domaines jouent un rôle énorme

Elle reste encore très utilisée dans diverses applications de paiements mobiles au Japon et en Corée du Sud, et ce depuis des années.

QR CODE

Un code QR est un code à barres bidimensionnel avec un motif aléatoire de minuscules carrés noirs sur un fond blanc, capable de contenir 300 fois plus de données qu’un code unidimensionnel traditionnel.

Unique, codé et scannable, il peut être généré en quelques secondes, puis lu rapidement et de manière fiable. Il contient les informations de compte de paiement du consommateur, qui sont ensuite scannées à la caisse par le dispositif du commerçant. Le compte de l’utilisateur est associé à un compte de paiement, auquel le montant de la transaction est automatiquement facturé.

Le QR code a été inventé au Japon dans les années 1990, initialement pour suivre les produits liés à l’industrie automobile. Des efforts ont été faits dans ce pays et dans d’autres pays, tels que la Corée du Sud, afin de l’utiliser dans le paiement, mais aucun n’a atteint le niveau de succès observé en Chine continentale.

“La Chine a commencé la transition vers une économie sans liquidités plus rapidement que quiconque aurait pu l’imaginer, en grande partie à cause de la propagation virale du code-barres bidimensionnel” a déclaré Chen, professeur et chercheur à l’Institut de psychologie de l’Académie chinoise des sciences. Beijing.

Un mendiant à Jinan, province du Shandong, portait le mois dernier un code QR autour de son cou. Il était malade mental, selon les rapports des médias du continent, mais le code permettait aux passants de lui donner de l’argent grâce à un scan rapide. Beaucoup d’autres mendiants dans la rue ont emboîté le pas, selon les rapports.

En occident l’exemple le plus emblématique est sans doute celui de Starbucks qui a introduit le paiement par QR code dans sa solution de paiement dès 2008.

En France, les applications mobile Lyf Pay de Carrefour, Auchan, Crédit Mutuel et BNP Paribas ou encore de Lydia reposent notamment sur les QR code. Yoyo Wallet au Royaume-Uni a levé 15 millions de dollars avec un tel système.

Comparé à d’autres méthodes de paiement sans numéraire, telles que la technologie de communication en champ proche utilisée par ApplePay, le code QR n’a pas été considéré comme sûr. L’analyse d’un code malveillant peut conduire l’utilisateur dans un piège défini par des criminels. Par exemple, le code pourrait en prendre un sur un site Web utilisé à des fins illicites telles que le vol de comptes bancaires ou d’autres informations sensibles.

Selon un rapport de mars dans le Southern Metropolis Daily, environ 90 millions de yuans ont été volés par des escroqueries par code QR dans la seule province du Guangdong. « Plus de 23% des chevaux de Troie et des virus sont transmis via des codes QR. Le seuil [de difficulté] pour faire des codes QR est si bas que les fraudeurs pourraient très facilement implanter des chevaux de Troie et des virus dans un code QR. «  Liu Qingfeng, vice-président du fournisseur de services de reconnaissance vocale iFlytek

Le QR code apporte un niveau de sécurité plus faible que le NFC, mais le risque de fraude est faible car les efforts à déployer pour mettre en place une fraude sont exagérément élevés au regard des montants qui pourraient être dérobés.

« Le QR code présente l’avantage d’être très peu coûteux à mettre en œuvre, théoriquement un peu moins sûr que le NFC, c’est vrai, mais tout dépend du seuil d’acceptation du risque de fraude. »  Laurent Nizri, CEO Altéir Consulting. 

Peu cher à produire et d’une technologie mature, le QR code dédié au paiement bénéficie en outre d’une interopérabilité entre les portefeuilles électroniques depuis le début de l’année. Visa, Mastercard et l’opérateur de paiement indien RuPay se sont entendus sur la rédaction d’une spécification commune si bien qu’un QR code pourra être lu et analysé indifféremment par les applications mobiles des 3 partenaires.

QR CODE AUDIO

L’Audio QR code est une technologie qui permet de transférer des informations de manière sécurisée entre deux appareils grâce aux ultrasons.

Indétectables à l’oreille humaine, la fonctionnalité ne nécessite pas de puce NFC et peut être utilisée sur des smartphones moins avancés (c’est-à-dire moins chers).

Comment cela fonctionne ? « Le premier appareil diffuse une fichier audio chiffré sur des fréquences situées entre 18 et 21,5 kHz. De l’autre côté, un appareil doté d’un microphone entend cet ultrason et un logiciel installé sur le dispositif ou dans le cloud permet de déchiffrer le message ».

De plus en plus connue depuis le lancement de Tez, l’application de paiement mobile  récemment lancé en Inde par Google, la technologie n’est pourtant pas nouvelle.

Aujourd’hui les systèmes d’authentification forts exigent un second mode d’authentification par l’envoi d’un code via un SMS. Or, le National institute of standards and technology (NIST) a récemment déconseillé le SMS pour l’authentification à double-facteur. C’est ici qu’intervient l’entreprise Copsonic : « Lorsqu’un internaute veut effectuer un achat en ligne et qu’il se trouve sur la page du formulaire pour renseigner les coordonnées de sa carte bancaire, la page web va émettre un ultrason que son smartphone va écouter. Le même code va être envoyé au serveur de Visa ou de Mastercard », détaille le fondateur. Ce procédé permet, à la fois, de remplir automatiquement le formulaire et de valider la transaction. « Le tout en 15 secondes, contre deux minutes avec une approche traditionnelle par SMS », garantit Emmanuel Ruiz. La fonctionnalité est actuellement testée par trois banques françaises et une dizaine en Europe de l’Est.

Le marché du paiement n’est pas le seule, où l’ultrason trouve sa place, l’IOT est un marché immense pour cette technologie.

SMS

Le tout premier paiement mobile par SMS a eu lieu il y a 20 ans lorsque Coca-Cola a introduit des distributeurs automatiques qui permettaient aux gens de payer leurs boissons par SMS, 1997.

Le SMS « Short Message Service », également connu sous le nom de « texto » est un service de téléphonie mobile qui permet de transmettre de courts messages textuels.

Envoyer un SMS pour payer un produit ou service, est un système qui se démocratise. Le montant de la transaction est automatiquement débité de la facture de l’abonné ou décompté du compte prépayé, aucune création de compte ou de saisie d’informations bancaires ne sont nécessaires.

Cette technologie est utilisée pour le paiement mobile du stationnement, achat de timbre, distributeur automatique de boissons etc., don aux organismes humanitaires, ticket de bus etc…

USSD

La technologie USSD (données de services supplémentaires peu structurées), ultra minoritaire en Europe, est une fonctionnalité des mobiles permettant de déclencher un service suite à l’envoi d’un SMSC (une sorte de SMS de signalisation, gratuit).

Contrairement au SMS, les données ne sont pas stockées et sont seulement accessibles lors de l’ouverture de la session.

Par exemple, #123# est un SMSC de l’opérateur mobile Orange permettant au client de suivre sa consommation, voire de payer sa facture depuis son téléphone. A l’image d’un service de paiement par SMS, un service de paiement via USSD déploiement ne nécessite qu’une infrastructure restreinte (serveurs et services web).

L’USSD est surtout utilisé dans les régions du monde où les populations sont peu bancarisées et où le mobile est aussi un outil de gestion, pour des opérations comme le transfert d’argent, le paiement de facture, la recharge de cartes prépayées, le suivi de compte.

En 2007 avec l’apparition du paiement mobile en Afrique, les opérateurs se sont rendus compte du potentiel économique de l’USSD : alors que 99% des téléphones sont compatibles, c’est le moyen idéal pour toucher un marché de masse. Ainsi, même si les taux de croissance du smartphone sont vertigineux (ils représentent aujourd’hui 40% des ventes de téléphones en Afrique), l’USSD reste le canal de communication privilégié pour le développement de services.

WAP

Le protocole WAP (Wireless Application Protocol) est une technologie de transmission d’informations sur un réseau sans fil mobile. Il est utilisé pour permettre aux consommateurs d’accéder à Internet à partir de leurs téléphones mobiles. Faire des paiements via un navigateur WAP sur votre téléphone mobile est très similaire à le faire via un navigateur sur votre ordinateur portable. Vous vous connectez directement au site Web du fournisseur de services de paiement via votre navigateur mobile ou via une application, puis effectuez le paiement. Les applications peuvent également être utilisées pour effectuer des paiements en point de vente.

BLE

Le Bluetooth à basse consommation (Bluetooth Low Energy — BLE) est une technique de transmission sans fil créée par Nokia en 2006 sous la forme d’un standard ouvert basé sur Bluetooth, qu’il complète mais sans le remplacer.

Comparé au Bluetooth, le BLE permet un débit du même ordre de grandeur (1 Mb/s) pour une consommation d’énergie 10 fois moindre.

Présent dans les téléphones mobiles bien avant que ceux-ci ne deviennent des smartphones, le Bluetooth n’a pas eu autant de succès que le NFC auprès des GAFA (Apple et Google notamment) pour leurs portefeuilles de paiement. Mais le Bluetooth a certains avantages inhérents qui peuvent en faire un concurrent sérieux.

Le Bluetooth fonctionne sur une distance beaucoup importante que le NFC, ce qui permet d’effectuer des transactions de n’importe où dans le magasin plutôt que de forcer les clients à faire la queue pour utiliser un terminal fixe.

De plus la technologie Bluetooth a également une bande passante beaucoup plus grande et permet une communication one-to-many alors que NFC est une technologie one-to-one. Le bluetooth peut également être facilement intégré dans un système de balises Beacons* qui sont utilisées pour localiser et alerter les clients sur des offres spéciales. Les paiements mobiles basés sur les beacons s’avèrent non seulement efficaces, mais ils contribuent également à renforcer la fidélité à la marque, car ils permettent aux marques d’interagir directement avec leurs clients.

Par exemple, vous entrez dans un café. Au moment où vous franchissez ce seuil, l’application de paiement sur votre smartphone identifie le signal de la balise. Au moment où vous commandez votre café et votre croissant, le système paiement en point de vente du café sait déjà qui vous êtes et il est en mesure de traiter le paiement immédiatement – avec peu ou pas d’interaction nécessaire de votre part. Le  paiement effectué en un clin d’oeil, sans que vous ayez à sortir votre portefeuille.

BLOCKCHIAN

Une blockchain ou chaîne de blocs est une base de données distribuée dont les informations, envoyées par les utilisateurs, sont vérifiées et groupées à intervalles de temps réguliers en blocs, liés et sécurisés grâce à l’utilisation de la cryptographie, et formant ainsi une chaîne.

C’est cette technologie qui permet à la « confiance » de s’établir entre des agents distincts du système, qu’a choisi la fintech WeCashUp qui propose aux e-marchands africain « une interface unique » leur permettant d’intégrer toutes les solutions de Mobile Money.

« Pour les e-marchands, c’est enfin la simplification et la sécurisation de l’intégration de presque tous les portes monnaies électroniques qui existent sur le continent », explique à La Tribune Afrique Cedric Atangana, CEO d’Infinity Space, la stratup qui développe WeCashUp.

Toujours en Afrique, la Fondation Gates a lancé courant 2017 Mojaloop, une plateforme de paiement open-source conçue pour les personnes qui n’ont pas accès aux services de paiement habituels. Mojaloop veut mettre en relation les institutions financières, les fournisseurs de services de paiement et d’autres sociétés qui fournissent des services de paiement et partagent des informations en utilisant la blockchain.

Assa

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LET'S GO DIGITAL! Après 15 ans de vente et d'expérience client, je suis aujourd'hui étudiante MBA MCI à l'Institut Léonard de Vinci pour devenir une experte du Digital. Bienvenue sur mon Blog.

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